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Le jour parut, radieux. La matinée s'écoula sans qu'aucune embarcation n'apparût sur le fleuve. L'inquiétude s'insinua peu à peu, sournoise et lancinante, dans les coeurs paternels. Bientôt elle grandit, les enserra comme un étau. Les deux compères appareillaient pour aller aux nouvelles quand survint une barque de Verchères. C'étaient les amis de Jean et Blanche, ceux-là mêmes dont les jeunes gens avaient refusé l'hospitalité la veille.
Les deux viellards se dirent qu'un grand malheur venait de s'abatre sur eux. Les amis des jeunes gens, eux, gardaient espoir : le couple avaient peut-être échoué sur une île. On organisa des recherches. Bientôt, des embarcations montées par les Goulet, les Rivest, les Laporte, les Juneau et les Grenier partirent dans différentes directions. On chercha en vain jusqu'à la nuit.
Maintenant, la population entière des deux rives était ameutée. Les femmes passèrent la nuit en prière. À l'aube, quarante chaloupes prirent le large avec autant d'équipes. Les vaillants rameurs s'étaient munis de grapins, de cordes, de perches; ils apportaient des provisions pour la journée. Ils ratissèrent l'îleaux Prunes, l'île aux Boeufs et l'île Prive sans succès. Il battirent l'île Beauregard, l`île Hertel, l'île Bellegarde, l'île Robinet et l'île Lebel. Finalement ils trouvèrent aux abords de l'île à la Bague une barque renversée, sasns rames. Plus de doutes, les malheureux avaient péri, victimes de la tempête.
Trois jours durant, on continua les recherches. Sans résultats. Le diamnche les curés de Repentigny et de Verchères récitèrent des prières publiques pour les disparus. Le lundi matin, on alla quérir à Varennes le tableau miraculeux de la bonne sainte Anne, patronne des marins québécois, et, après avoir exploré les deux rives, on trouva enfin les deux corps flottant au fil de l'eau, étroitement enlacés. Fait étrange, un rosaire les retenaient par le cou, les unissant dans le trépas.
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